Inceste : comment l’hypnose aide à retrouver sécurité et intégrité
Certaines blessures ne se voient pas.
Mais elles organisent silencieusement toute une vie.
L’inceste fait partie de ces violences qui n’abîment pas seulement le passé : elles impactent durablement le rapport au corps, à la confiance, aux relations, à soi-même. Beaucoup de personnes vivent avec ses conséquences sans toujours relier leurs difficultés actuelles à cette histoire ancienne : anxiété persistante, troubles du sommeil, dissociation, difficultés relationnelles, sentiment d’insécurité intérieure ou d’étrangeté à soi.
Dans mon cabinet d’hypnothérapie à Bordeaux, j’accompagne régulièrement des personnes concernées par ces vécus. Et ce que je constate, c’est que la guérison ne passe pas nécessairement par une analyse longue du passé, mais souvent par autre chose :
- remettre du mouvement là où tout est resté figé
- restaurer un sentiment de sécurité interne
- reconnecter des ressources profondes parfois oubliées
C’est précisément ce que permet le travail en hypnose thérapeutique.
Quand le trauma fige le système intérieur
Lorsqu’un enfant subit une violence incestueuse, le danger ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur du lien. Celui ou celle qui devrait protéger devient source de menace. Pour survivre psychiquement, le cerveau met alors en place des mécanismes puissants d’adaptation : dissociation, anesthésie émotionnelle, clivage, hypervigilance.
Ces mécanismes sont intelligents.
Ils sauvent.
Mais ils peuvent ensuite s’installer durablement.
Beaucoup d’adultes concernés décrivent :
– un sentiment de déconnexion d’eux-mêmes,
– une difficulté à ressentir pleinement leur corps,
– une vigilance constante,
– une peur diffuse sans cause apparente,
– ou un sentiment de ne jamais être vraiment en sécurité, même dans des contextes objectivement apaisés.
Le trauma n’est alors plus seulement un souvenir, mais un état intérieur.
L’enjeu thérapeutique n’est pas de replonger dans les événements, mais de transformer cet état interne figé — de permettre au système nerveux de sortir du mode survie et de retrouver une capacité naturelle d’apaisement, de confiance et de régulation.
C’est là que l’hypnose trouve une place précieuse.
Pourquoi l’hypnose est particulièrement adaptée aux traumatismes précoces
L’hypnose thérapeutique agit à un niveau différent du mental analytique. Elle ne cherche pas d’abord à comprendre rationnellement, mais à recontacter des ressources internes profondes, souvent inaccessibles en état de vigilance ordinaire.
Sous hypnose, l’attention se modifie, le corps se détend, le système nerveux ralentit. Cela crée un espace où :
– les sensations peuvent se réorganiser,
– les émotions peuvent circuler autrement,
– les représentations internes peuvent évoluer,
– la sécurité peut être ressentie, parfois pour la première fois.
Contrairement aux idées reçues, l’hypnose n’implique aucune perte de contrôle. La personne reste consciente, présente, actrice du processus. Elle explore à son rythme, dans un cadre sécurisé, ce qui a besoin d’être remis en mouvement, sans revivre les événements, sans les revictimiser, sans se perdre dans l’histoire.
Il ne s’agit pas d’analyser le trauma, mais de réparer ses effets dans le présent.
Restaurer une sécurité intérieure quand elle n’a jamais existé
Chez de nombreuses personnes ayant subi l’inceste, la notion même de sécurité intérieure est floue, voire inconnue. Elles ont appris très tôt à rester vigilantes, à se couper de certaines sensations, à s’adapter, à tenir — parfois admirablement — mais sans jamais pouvoir réellement se reposer intérieurement.
En hypnose, une partie essentielle du travail consiste à :
– reconstruire un espace interne sûr,
– retrouver une sensation de protection,
– développer un appui intérieur stable,
– et restaurer une relation plus douce avec son propre corps.
Cela peut passer par des expériences de visualisation, de respiration, de réorganisation émotionnelle.
Le cerveau apprend alors autre chose :
👉 qu’il est possible d’être en sécurité maintenant
👉 qu’il n’est plus nécessaire d’être constamment en alerte
👉 que le danger appartient au passé, pas au présent
Ce travail ne repose pas sur la volonté, mais sur la plasticité du système nerveux, qui peut, à tout âge, apprendre de nouveaux modes de régulation.
Remettre de l’ordre entre ce qui est à soi et ce qui appartient à l’agresseur
Un des effets les plus profonds de l’inceste est la confusion psychique : confusion entre soi et l’autre, entre responsabilité et culpabilité, entre désir et contrainte, entre amour et danger.
Beaucoup de personnes portent inconsciemment des émotions, des croyances ou des sensations qui ne leur appartiennent pas : honte, dégoût, culpabilité, impression d’être abîmées, mauvaises ou indignes.
En hypnose, un travail symbolique très puissant consiste à :
– restituer à l’agresseur ce qui lui appartient,
– récupérer ce qui a été indûment pris,
– remettre des frontières psychiques claires,
– restaurer un sentiment d’intégrité.
Ce processus ne passe pas par la confrontation directe, mais par une réorganisation intérieure, souvent vécue comme profondément libératrice. Les personnes décrivent alors un sentiment nouveau : celui d’habiter à nouveau leur corps, leur espace, leur vie — sans intrusion intérieure constante.
Retrouver une part saine, intacte, inviolable
Contrairement à ce que laisse croire le trauma, quelque chose en nous n’a jamais été touché.
De nombreuses approches thérapeutiques contemporaines reconnaissent l’existence d’une part profonde, intacte, saine, inviolable, parfois enfouie sous les couches de protection, de dissociation et de douleur, mais toujours présente.
L’hypnose permet d’entrer en contact avec cette part-là.
Non pas comme une idée, mais comme une expérience vécue.
Ce contact transforme souvent le rapport à soi :
– la personne se sent moins définie par son histoire,
– moins enfermée dans son passé,
– plus reliée à quelque chose de stable en elle,
– plus libre d’exister autrement.
C’est souvent à partir de cet endroit que peut émerger un nouveau sentiment de dignité, de solidité, de confiance, non pas comme une injonction, mais comme une sensation organique.
Guérir, ce n’est pas oublier : c’est retrouver du mouvement
La guérison ne consiste pas à effacer ce qui s’est passé.
Elle consiste à ne plus être prisonnier·e de ce qui est resté figé.
Là où le trauma a imposé l’immobilité, la dissociation, la coupure, l’hypnose remet du mouvement, de la circulation, de la respiration intérieure. Là où le système nerveux est resté bloqué en mode survie, elle ouvre progressivement l’accès à la sécurité, à la régulation, à la présence.
Dans mon cabinet d’hypnothérapeute à Bordeaux, j’accompagne des personnes qui ont vécu l’inceste avec cette intention : non pas analyser sans fin, mais aider le corps et l’esprit à retrouver leur capacité naturelle d’apaisement, de lien, de vitalité.
Chaque parcours est unique.
Mais ce que j’observe, c’est que lorsque la sécurité intérieure revient, beaucoup de choses se réorganisent d’elles-mêmes :
– le rapport au corps,
– aux émotions,
– aux relations,
– à la confiance,
– à la vie.
Et souvent, pour la première fois, la personne ne se définit plus par ce qu’elle a subi, mais par ce qu’elle devient.